Le funiculaire Territet-Glion. Carte postale
ancienne.
«(...) Le funiculaire stoppa brusquement. Ceux
qui le prenaient pour la première fois s'effrayèrent d'être
ainsi arrêtés entre deux fragments de ciel bleu. Mais il
s'agissait simplement d'un mystérieux échange entre le conducteur
de la cabine qui montait et celui de la cabine qui descendait. L'ascension
reprit. Ils longèrent un sentier de forêt, une gorge rocheuse,
puis une colline qui se transforma peu à peu en une masse solidifiée
de narcisses. A Montreux, sur les courts de tennis qui bordaient le lac,
les joueurs n'étaient plus que des points d'aiguille. L'atmosphère
changeait. Elle exhalait une fraîcheur nouvelle - fraîcheur
qui se gonfla, peu à peu, de musique, et lorsqu'ils atteignirent
Glion, ils entendirent un orchestre jouer dans le jardin de l'hôtel.(...)»
[in «Tendre est la nuit»]
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Notes biographiques
Si Fitzgerald s'imposa très jeune par son style
élégant et par la psychologie raffinée de ses écrits,
dépensier et buveur, il dut plus d'une fois mettre son talent aux
services de nouvelles «alimentaires» au détriment d'oeuvres
plus solides. D'un tempérament généreux, il se dévouait
pour les jeunes écrivains, ce qu'il fit en 1925 pour Ernest Hemingway.
Mais après avoir été souvent un compagnon de ribote,
Hemingway devint bientôt un rival avec lequel Fitzgerald se brouillera
maintes fois.
Sa femme Zelda, intelligente mais excentrique, fut pour l'écrivain
un souci constant. Provocatrice, versatile et incapable de se plier à
une discipline, elle partageait ses penchants pour les Lettres, mais aussi
pour la fête et la boisson. Dès 1930 elle dut de plus en
plus souvent avoir recours à des asiles psychiatriques.
C'est ainsi que du 22 mai au 4 juin l930 Zelda Fitzgerald fut soignée
à la clinique Val Mont à Glion, avant de séjourner
près de quatre mois à la clinique de Prangins. Le séjour
montreusien inspira à Fitzgerald les chapitres 8 et 9 du roman
«Tendre est la nuit». Largement autobiographique, il mit plus
de six années à l'écrire. Mais sa santé déclinait
et son inspiration aussi. Il tenta de se faire un nom en écrivant
des scenari pour les studios de Hollywood, mais son nom fut rarement cité
dans les génériques. Ultime revanche: son dernier roman,
«Le dernier Nabab», inachevé et posthume, décrit
avec force les milieux du cinéma de cette époque.
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