La place du village des Planches. A gauche,
la Pension Vautier au second plan. Carte postale ancienne.
«Montreux: En bas, le marché sous les
peupliers. Balcon: le lac, ses couleurs de chromo. Le pays étagé,
traversé par le torrent du Chauderon, ponts de bois, chutes d'eau.
Le petit cimetière, roses blanches, jaunes, pétunias; rien
que des étrangers. Terrasses de vignes, de fleurs grimpantes variées.
Monaco du Nord, voilé. Hôtels perdus dans la verdure, avec
leurs téléphones (sic), va-et-vient des hottes, des bourriches;
tout au fond le lac. Le prisonnier de Chillon, le vrai, celui qui fait
toutes ces petites peintures de quarante sous. Clarens plus lumineux,
collines basses (...)» [in «Lettres»]
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Notes biographiques
Ce méridional tendre et jovial naquit à
Nîmes, dans une famille de «taffetassiers» que ruina l'invention
des métiers Jacquard, puis émigra à Lyon. Monté
à Paris avec son frère Ernest, Alphonse se fit un nom dans
le journalisme avant de publier des romans dont ses amis écrivains,
comme Flaubert et Edmond de Goncourt, enviaient les imposants tirages.
Il se maria pour mettre un terme à sa vie de bohème et de
débauche et acquérir la respectabilité bourgeoise
qu'incarnait son épouse Julia. Elle-même ouvrit un salon
littéraire, se montra une correctrice intelligente, mais n'aima
jamais la faconde provençale d'Alphonse et de ses amis méridionaux,
sauf quand elle faisait le succès des oeuvres de son mari.
Daudet apprit à connaître notre région en 1884, où
il logea à la Pension Vautier, aux Planches. Il y écrivit
des pages de «L'Arlésienne», pièce de théâtre
dont Bizet fit un opéra, et quelques chapitres de son «Tartarin
sur les Alpes», publié en 1885, situant à Montreux
l'arrestation de son héros que la police prend pour un anarchiste
et qu'elle enferme, pour une nuit, dans le cachot même de Bonivard.
Daudet a laissé de ce temps-là des descriptions amusantes
de Montreux en style télégraphique.
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